Et gagne une expression de la diversité française…

Le festival Liet International vient de prendre fin et cette année, de toute l’Europe, c’est la France qui a été couronnée. Non pas la France uniforme, mais la France de la diversité, cette France qui nous est chère et dans laquelle des citoyens luttent pour que leur langue régionale ne disparaisse pas.

Lleuwen, qui a remporter cet « Eurovision » de la chanson en langue minoritaire est bretonne et chante en breton. D’une voix bluesy et profonde, elle chante la beauté de sa « lumière vivante« , qui l’anime et qui est une part d’elle-même…  Elle parle de sa langue, de son breton  !

Bonne audition à vous, cela en vaut la peine !

4 décembre 2012 à 10:04

Journée mondiale de la tolérance

Qu’est-ce que la tolérance ?

Une définition couramment admise consiste en l’ « admission chez les autres des manières de penser et de vivre différentes des siennes propres ».

D’après cette définition, pour être tolérant, il faut accepter que d’autres personnes mangent des crevettes alors que nous n’en mangeons pas, travaillent le dimanche alors que nous préférons travailler le samedi, sortent la tête nue alors que nous portons un voile, habitent dans une maison en dur alors que nous vivons en caravane, parlent occitan alors que nous préférons parler français, etc.

Si la reconnaissance de la culture de l’autre est nécessaire dans les sociétés multiculturelles dans lesquelles nous vivons, celle-ci n’est cependant pas suffisante. A notre sens, la notion de tolérance va bien au-delà. La tolérance implique non seulement une acceptation du mode de vie, de la culture, de la langue, de la spiritualité de l’autre comme personne extérieure à soi, mais aussi une acceptation de la différence de l’autre comme une personne influant directement sur son monde personnel.

Ainsi, la tolérance n’est pas que passive, mais nécessite des actions résolues, des mesures positives d’adaptation de son propre mode de vie, pour permettre à l’autre de vivre aussi selon des modalités qui lui conviennent. La tolérance est en réalité une recherche de compromis entre des visions opposées, qui s’ajustant toutes deux, trouvent un terrain d’entente. L’accord final tient compte des cultures initiales et leur permet de subsister, le compromis n’étant réalisé que sur les aspects non-essentiels, non-substantiels, pour les parties en présence.

Un exemple concret de cette tolérance consisterait en la reconnaissance du mariage civil pour les couples homosexuels. Cette reconnaissance ne change rien à la vie privée des couples hétérosexuels qui peuvent continuer à se marier (ou pas) ; les communautés religieuses peuvent décider de leur côté d’élargir (ou non) les mariages religieux aux couples de même sexe. Le seul compromis consiste en le partage de cette institution qu’est le mariage civil avec des couples fonctionnant selon un mode différent. Si tous les couples homosexuels (à l’instar des couples hétéro-) ne souhaiteront pas forcément se marier, l’opportunité de le faire existera pour ceux pour qui cette reconnaissance sociale de leur situation amoureuse est essentielle.

En cette journée internationale de la tolérance, tâchons de faire la différence entre ce qui est pour nous fondamental, ce qui fonde notre identité, ce qu’est notre personne, et ce qui ne l’est pas. Sur tout ce qui ne l’est pas, nous pouvons réaliser des compromis et être véritablement tolérant !

 

Nouvelle journée internationale des peuples autochtones

En cette journée du 9 août, où nous célébrons les peuples autochtones, quoi de plus logique que de ce demander qui sont ces peuples autochtones.

350 millions de personnes, appartenant à plus de 5000 groupes, communautés ou ethnies, parlant presque autant de langues spécifiques, réparties sur tous les continents…

Pour connaître les caractéristiques généralement reconnues comme définissant les peuples autochtones, je vous conseille une petite étude de l’EURAC sur la question.

Bonne lecture et bonne fête aux peuples premiers !

9 août 2012 à 11:59

Quand pourra-t-on assurer que les génocides appartiennent au passé ?

Il y a tout juste 20 ans, démarrait un génocide en Bosnie-Herzégovine. Le 31 mai 1992, les autorités serbes de la ville de Prijedor adoptaient, en effet, un décret obligeant les non-Serbes à matérialiser leur maison d’un drapeau blanc ou à porter un brassard blanc hors de leur domicile.

Cette méthode de marquage n’est pas nouvelle dans l’histoire et rappelle étrangement les étoiles de David sur les vestes des juifs. Pourtant la communauté internationale se promettait, à la fin de la Seconde guerre mondiale, que jamais l’humanité de revivrait cela !

Les horreurs ayant eu lieu depuis en ex-Yougoslavie, au Rwanda, en Irak,  au Darfour, soulignent que l’humanité a  du mal à apprendre de l’histoire. Nous espérons que ce triste anniversaire ne restera pas simplement une date de plus. Nous rêvons du jour où l’appartenance d’une personne à une minorité ethnique, culturelle, linguistique, religieuse, ne sera plus à l’origine de quelque représaille que ce soit.

2 juin 2012 à 10:34

Le russe, toujours pas reconnu en Lettonie

Le 18 février dernier, un référendum a eu lieu en Lettonie, dont le but était de demander aux citoyens si oui ou non la langue russe devait être reconnue comme co-officielle. Les résultats ne sont pas ceux attendus par les personnes appartenant à la minorité russe ayant initié cette consultation populaire : le NON sort avec plus de 70% des votes.

Comment dans un Etat au sein duquel 38% de la population est russophone, un tel chiffre s’explique-t-il ? Assurément par le fait que nombreux sont les membres de la minorité russe de Lettonie qui n’ont pas la citoyenneté lettone (environ 300 000 personnes). Ils n’ont donc pu participer au référendum. Pourtant, les russes sont présents de longue date sur le territoire letton actuel ; il ne s’agit pas simplement, comme l’histoire récente laisserait peut-être le penser, que de personnes arrivées sous le régime soviétique qui se seraient installées.

Malgré ce jeu des citoyennetés, les résultats du référendum montrent la réelle nécessité de prendre en compte cette minorité au minimum dans ses territoires d’implantation substantielle, comme dans la région de Latgalia où plus de la moitié des votants sont en faveur de la co-officialité du russe.

Une journée internationale pour la langue maternelle

La langue maternelle, qu’est-ce qui marque plus une personne que ceci ? Elle régit nos émotions, nous permet de penser. Elle est toujours présente dans nos forts intérieurs. Pourquoi donc y dédier une journée spéciale ? … Peut-être parce que de nombreuses langues sont en train de disparaître, ce qui signifie que des personnes ne transmettent plus à leurs enfants leur propre langue maternelle ! Au delà de la difficulté que cela occasionne pour les parents, nous nous devons de signaler, une fois de plus, la perte pour l’humanité entière, qu’entraîne la disparition d’une langue. En effet, elle emporte dans son sillage la perte d’une vision du monde, la perte d’une culture…

La journée internationale pour la langue maternelle a été proclamée par l’UNESCO en novembre 1999. Quelques mois auparavant, l’Assemblée générale des Nations Unies avait déjà appelé les Etats à « préserver et protéger toutes les langues utilisées par les peuples du monde ».

La date choisie pour célébrer les langues maternelles et appeler à la protection de toutes les langues de monde est celle du 21 février, en hommage à la manifestation d’étudiants, le 21 février 1952, pour la reconnaissance de la langue Bangla comme langue co-nationale du Pakistan. La répression par la police a, malheureusement, été sanglante. Ce n’est que dans un second temps que le territoire sur lequel la langue Bangla est traditionnellement parlée a obtenu son indépendance au sein de l’actuel Bangladesh.

Quoi qu’il en soit, la sécession n’est pas et ne doit absolument pas devenir la voie de tous les territoires portant des groupes parlant des langues différentes aux langues nationales ! Il existe une autre voie, celle de la tolérance et du respect. Celle qui reconnaît la valeur de toutes les langues pour les individus qui les parlent et pour l’humanité.

Le message de cette journée internationale de la langue maternelle 2012 est le suivant :

« The language of our thoughts and our emotions is our most valuable asset. Multilingualism is our ally in ensuring quality education for all, in promoting inclusion and in combating discrimination. « 

Irina Bokova, Director-General of UNESCO

22 février 2012 à 19:11

Accéder à Internet en Quetchua

Internet est une magnifique bibliothèque à l’accès (pour le moment ?) libre. Enfin, … encore faut-il un ordinateur, une connexion et un navigateur ! Or ces outils fonctionnent dans les seuls langues dominantes. Les locuteurs de langues minoritaires, lorsqu’ils sont monolingues, ont donc des difficultés à effectivement utiliser les ressources se trouvant en ligne. Mozilla compte remédier à ce problème, pour les locuteurs de quetchua tout au moins.

En partenariat avec le collectif Runasimipi, Mozilla traduit en quetchua trois packs différents de son fameux navigateur : un basique, un complet et un pour téléphone portable. Avec ces nouveaux outils, les acteurs de ce projet comptent bien faire du quetchua une langue actuelle, reliée aux besoins du présent.

En effet, comme de nombreuses langues autochtones (et langues minoritaires en général), le quetchua souffre de son lien avec le passé, la tradition, l’immuable. Il est vu par les plus jeunes générations comme un frein à la modernité. Pourtant, modernité il n’y a pas, aujourd’hui, sans Internet. Le Manifeste de Runasimipi souligne ainsi que :

Nuestro sueño es que cualquier niño andino que vaya a una cabina pública de internet en el futuro tenga la opción de ver todo en su lengua materna.

(Notre rêve [celui de de Runasimipo] est que tout enfant andin, qui aille dans un cybercafé dans le futur, ait le choix de tout voir dans sa langue maternelle.)

A l’heure actuelle, 75,8% des 7 milliards d’internautes (chiffres au 31 décembre 2011), vivent dans seulement 20 pays. Il est grand temps que cela change ! Il est grand temps qu’Internet se démocratise !

Danger pour les terres ancestrales Ngöbe du Panama

Depuis quelques jours, la communauté internationale et les divers acteurs de la société civile intéressés par les questions autochtones n’ont d’yeux que pour le Panama. Les violences qui y voient le jour sont en effet d’autant plus insupportables que les victimes sont des personnes dont le seul tord est de vouloir faire valoir leurs droits.

En effet, des projets miniers et hydroélectriques affectant les territoires ancestraux des Ngöbe/Ngäbe-Buglé ont été élaborés alors même que les peuples en cause n’ont pas été consultés. Cette consultation est pourtant une obligation en application du droit international.

Afin de protéger leur territoire, leur mode de vie et en réalité leur survie même, les Ngöbe ont décider de bloquer la route Panamericaine. Ce bloquage de plusieurs jours (il a commencé le 31 janvier dernier avant d’être stoppé par la force le 5 février) a affecté l’économie panaméenne, empêchant la circulation des camions. Le Gouvernement, au lieu d’entamer le dialogue, a alors décidé d’envoyer sur place la police. La répression a été sanglante : pour l’heure, 2 morts, plus de 80 blessés.

Les faits exacts sont encore difficiles à établir. Le Gouvernement s’était en effet assuré au préalable de couper les connexions de téléphonie mobile dans la zone. Ces connexions n’ont pas encore été rétablies…

James Anaya, Rapporteur spécial des Nations Unis sur les droits des peuples autochtones a exhorté le Gouvernement panaméen d’entrer dans le dialogue. Pour l’heure, les revendications de Ngöbe (supportées depuis au quatre coins du Panama par d’autres peuples autochtones) consistent principalement en l’intégration, dans le projet de loi 415, d’un article 5 établissant un régime spécial d’exploitation des ressources hydriques et minières des territoires de la Comarca ; la libération des autochtones (dont des enfants) détenus dans la capitale ; une enquête visant à faire connaître la vérité sur le décès des individus autochtones ainsi que l’indemnisation de leurs familles.

Des discussions doivent avoir lieu ce matin à l’Assemblée concernant le projet de loi. Nous espérons qu’elles iront dans le sens du respect des droits de l’homme. Nous considérons par ailleurs que les autres requêtes du peuple Ngäbe-Buglé ne sont que des demandes simples et précises d’application des droits fondamentaux.

La journée nationale des Sâmes

Le 6 février est la journée nationale des Sâmes.

Les Sâmes sont un peuple autochtone vivant à cheval sur plusieurs Etats du nord de l’Europe, dont la première conférence transfrontalière suédoise-norvégienne a eu lieu le 6 février 1917 à Trondheim. Depuis 1993 (année internationale des peuples autochtones pour les Nations Unies), les Sâmes fêtent, à la date anniversaire de cette conférence, l’union de leurs communautés avec leurs communautés-sœurs vivant au-delà des frontières étatiques.

En effet, les Sâmes vivaient dans le Nord de l’Europe bien avant la formation des Etats et ont été artificiellement séparés les uns des autres par le tracé des frontières. Si certaines communautés ont malgré tout maintenu entre elles des relations quotidiennes, ou presque, d’autres se sont éloignées avec le temps. Pourtant, leur mode de vie, leur langue, leur culture sont restés à peu de chose les mêmes. Leurs attentes et leur vision du futur sont partagées elles-aussi.

La célébration d’une journée nationale sâme est donc particulièrement importante pour les communautés autochtones du Nord de l’Europe. Elles soulignent ainsi leur identité commune et revendique leurs droits sur ce territoire qui était leur bien avant d’être norvégien, suédois, finlandais ou russe. Elles rappellent qu’elles existent et que le reste de la population des Etats où elles vivent doit prendre en compte leurs visions quand des politiques publiques seraient à même de les affecter. Cette célébration leur rappelle aussi qu’elles ne sont pas seules, mais peuvent compter les unes sur les autres pour avoir plus de force face aux maux qui les frappent.

Dans une certaine mesure, la journée nationale des Sâmes est une mise en pratique de la maxime soulignant que l’union fait la force.

Des droits pour la Terre-mère ?

Nombreux sommes-nous à penser qu’il n’est pas assez pris soin de la Terre. Nous l’exploitons et la polluons sans penser aux conséquences, celles pour les générations à venir, mais aussi les conséquences actuelles plus directes. Les séismes et autres catastrophes naturelles sont là pour nous rappeler que la Terre est un système qui repose sur un équilibre précaire qu’il convient de sauvegarder. L’Homme n’est qu’un petit élément de cet équilibre et n’en est absolument pas, comme il prétend souvent l’être, le centre ou le maître.

La Bolivie vient de promulguer une loi à la fois extrêmement contemporaine par la nécessité de la prendre, mais aussi terriblement visionnaire tant les gouvernements en place dans les autres États ne cessent de reporter les discussions sérieuses sur la question… Il s’agit de la Ley de Derechos de la Madre Tierra (Loi sur les droits de la Terre-mère) et repose sur l’idée que si l’homme (et en particulier les entreprises exploitantes multi-nationales) n’est pas intéressé à prendre soin de ce qui l’entoure, il doit être forcé à le faire.

La paternité culturelle autochtone de cette loi est évidente à simplement regarder ce qui est entendu par Terre-mère : l’article 3 de la loi stipule en effet que :

La Terre-mère est un système vivant dynamique, formé par la communauté invisible de tous les systèmes de vie et des êtres vivants, interrelationnés, interdépendants et complémentaires, qui partagent un destin commun.

Cette Terre-mère, « sujet collectif d’intérêt public » (art. 5), est bénéficiaire de droits s’apparentant aux droits de l’homme, tels que le droit à la vie et le droit d’exister, le droit à perpétuer les cycles de vie et à ne pas être polluée, le droit à l’eau clair et à l’air pur, etc.

En tout état de cause, cette loi est extrêmement novatrice !
Nous espérons qu’elle aura un impact positif au-delà de la Bolivie, motivant d’autres gouvernements à rédiger des projets similaires !