Danger pour les terres ancestrales Ngöbe du Panama

Depuis quelques jours, la communauté internationale et les divers acteurs de la société civile intéressés par les questions autochtones n’ont d’yeux que pour le Panama. Les violences qui y voient le jour sont en effet d’autant plus insupportables que les victimes sont des personnes dont le seul tord est de vouloir faire valoir leurs droits.

En effet, des projets miniers et hydroélectriques affectant les territoires ancestraux des Ngöbe/Ngäbe-Buglé ont été élaborés alors même que les peuples en cause n’ont pas été consultés. Cette consultation est pourtant une obligation en application du droit international.

Afin de protéger leur territoire, leur mode de vie et en réalité leur survie même, les Ngöbe ont décider de bloquer la route Panamericaine. Ce bloquage de plusieurs jours (il a commencé le 31 janvier dernier avant d’être stoppé par la force le 5 février) a affecté l’économie panaméenne, empêchant la circulation des camions. Le Gouvernement, au lieu d’entamer le dialogue, a alors décidé d’envoyer sur place la police. La répression a été sanglante : pour l’heure, 2 morts, plus de 80 blessés.

Les faits exacts sont encore difficiles à établir. Le Gouvernement s’était en effet assuré au préalable de couper les connexions de téléphonie mobile dans la zone. Ces connexions n’ont pas encore été rétablies…

James Anaya, Rapporteur spécial des Nations Unis sur les droits des peuples autochtones a exhorté le Gouvernement panaméen d’entrer dans le dialogue. Pour l’heure, les revendications de Ngöbe (supportées depuis au quatre coins du Panama par d’autres peuples autochtones) consistent principalement en l’intégration, dans le projet de loi 415, d’un article 5 établissant un régime spécial d’exploitation des ressources hydriques et minières des territoires de la Comarca ; la libération des autochtones (dont des enfants) détenus dans la capitale ; une enquête visant à faire connaître la vérité sur le décès des individus autochtones ainsi que l’indemnisation de leurs familles.

Des discussions doivent avoir lieu ce matin à l’Assemblée concernant le projet de loi. Nous espérons qu’elles iront dans le sens du respect des droits de l’homme. Nous considérons par ailleurs que les autres requêtes du peuple Ngäbe-Buglé ne sont que des demandes simples et précises d’application des droits fondamentaux.

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