L’actualité au Moyen-Orient

Voici juste un petit message pour partager la première analyse globale dont j’entends parler sur l’actualité au Moyen-Orient et en Syrie en particulier…

Il ne suffit pas de vouloir mettre fin aux régimes dictatoriaux, mais surtout faut-il assurer la sécurité des peuples et de ses différentes composantes une fois ces régimes tombés ! En effet, les minorités, notamment chrétiennes, mais pas seulement, seront les premières à souffrir d’une potentielle instabilité. Les faits récents, en Égypte par exemple, sont là pour le prouver.

Je vous conseille donc d’écouter l‘entretien avec Pascal Gollnisch, Directeur de l’œuvre d’Orient, que Radio France International a diffusé ce matin vers 10h30. Cette intervention a été suivie par celle d’un de ses confrères, toute aussi intéressante !

22 janvier 2012 à 13:46

La diversité à la française

Il y a une quinzaine de jours, le PS annonçait sa volonté de représenter, au sein de son groupe de députés, la diversité française. Par le terme « diversité » était alors entendu les origines extra-métropolitaines des citoyens français.

Si nous saluons cette mesure, car il est fatigant de voir la France dirigée par des hommes politiques lyophilisés, ayant tous la même culture franco-française relayée par une affligeante étroitesse d’esprit, il n’en reste pas moins que la diversité française ne se limite pas à la couleur de peau !

Les langues sont les vecteurs de la culture et les façons de penser se développent différemment en fonction des langues qu’on parle. Ainsi, plutôt que de chercher à faire apparaître la diversité sur les photos, certainement devrions nous nous attacher à assurer la représentation des diversités linguistiques dans nos assemblées délibérantes. Ainsi peut-être, des débats profonds surgiraient, dépassant les ridicules oppositions partisanes. Ainsi peut-être verrions-nous la France soigner les maux qui la minent, grâce à des propositions concrètes et crédibles.

Cette diversité linguistique française inclut certainement les langues d’Outre-mer et les langues des pays d’origine des personnes issues de l’immigration, mais elle inclut aussi les langues minoritaires et régionales de métropole. Sont encore parlés les langues basque, bretonne, catalane, corse, flamande, occitane, provençale ainsi que les dialectes francique et alémanique d’Alsace et de Moselle. Il s’agit de 9 façons de plus de voir la France qui ne sont pas à négliger.

Nous souhaitons une démocratie pluraliste, une démocratie qui fasse avancer la France. Nous souhaitons une démocratie plurilingue !

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Je partage ici avec vous l’article de Gérard Joan Barcelo’ (directeur de la revue électronique universitaire Linguistica  Occitana) qui m’a mené à cette réflexion.

Parler « nouvelles technologies » en langues minoritaires

Les langues régionales et minoritaires sont réputées pour ne pas avoir évolué depuis, au moins, … la naissance de nos grands parents. On les utilise de moins en moins dans nos milieux de vie cosmopolites où tout le monde ne les comprend pas et lorsque l’on veut parler de choses modernes, on utilise de toute façon le français, voire même l’anglais.

Pourtant, faire évoluer les langues régionales et minoritaires pour qu’elles puissent s’adapter à nos vies actuelles est absolument fondamental à leur survie ; et de la survie de nos langues, dépend la survie de nos cultures, c’est à dire, notre identité !

Enrichir, de mots spécifiques, les langues les moins répandues n’est pourtant pas si compliqué.
On peut, tout simplement, insérer un mot d’une autre langue qui sera adopté par la langue minoritaire (un exemple de cette technique que tout le monde comprendra est celui de l’insertion du mot week end dans la langue française).
On peut aussi inventer un nouveau mot. L’invention d’un nouveau mot est la tâche généralement réservée aux académies linguistiques, mais elles n’existent pas toujours pour nos « petites » langues. Que faire alors ? Eh bien, la création de nouveaux mots ne se fait pas à partir du néant. On associe des mots identiques à des formes qui se ressemblent, on joue avec les diverses utilisations d’un même objet… La langue anglaise a bien su adapter le nom d’un petit animal gris à queue fine à ce petit objet en plastique arrondi d’où sort un câble et qui nous sert à déplacer un curseur sur notre écran d’ordinateur ! La langue française a transposé la même image et mouse est devenu souris. On aurait tout aussi bien pu utiliser directement le mot mouse comme il est fait en italien par exemple…

Il est important d’enrichir nos langues et mieux vaut, pour se faire, prêter attention à ne pas être trop puriste. A trop vouloir protéger, nous asphyxions nos langues ! Il faut au contraire simplifier leur accès à toutes les sphères de nos vies, pour qu’ainsi, elles continuent de vivre avec nous !

 

Pour ceux intéressés par les nouvelles technologies et amusés par les clins d’œil qui peuvent être faits à la France des régions par des entreprises multinationales très en prise avec le présent, un petit partage de l’Olca (Office pour la langue et la culture d’Alsace) :

Mon nom de famille est ANDROID von Google, et je suis un système d’exploitation pour téléphones mobiles. Chacune de mes versions successives porte le nom d’un dessert (D comme Donut, ou G comme Gingerbread, ou H comme Honeycomb, … )

Bientôt, ce sera au tour de la lettre K…
et pour la lettre K, c’est moi qu’il faudra choisir : mon prénom est Kouglof, je suis le roi des gâteaux !
Originaire d’Alsace, la beauté de ma forme typique et raffinée, ma saveur font de moi une des pâtisseries les plus connues et les plus appréciées au monde.

Pour soutenir cette pâtisserie alsacienne dans le grand univers des nouvelles technologies, rendez-vous sur la page Facebook « Kouglof pour Android ».

 

Le bien-vivre, on le souhaite pour 2012 !

Le bien-vivre (ou bon-vivre), le Teko porä des Guarani, le Sumak kawsay des Quetchua, le Suma qamaña des Aymara ou le Küme mogen des Mapuche, voilà ce que nous souhaitons à l’humanité pour 2012 !

Le « bien-vivre » est un concept proche de celui de la durabilité ou soutenabilité tel qu’entendu dans la philosophie de développement durable, car il s’oppose au « vivre toujours mieux » des sociétés dites modernes. Il nécessite donc un respect de la nature, et de l’environnement en général, pour que les générations futures puissent aussi vivre bien.

Le « bien-vivre » est aussi un concept de respect s’apparentant au « vivre ensemble » car on ne peut bien-vivre que dans des collectivités dans lesquelles tous jouissent de ce joyau. Il demande donc à chacun de ne prendre que suffisamment pour être bien sans quitter aux autres le nécessaire pour être bien eux aussi.

Liant solidarité et respect, le « bien-vivre » de nombreux peuples autochtones est une solution aux maux de notre ère individualiste où nombreux sont laissés pour compte, où nos enfants n’entrent pas dans les projets collectifs.

Nous espérons pour 2012 une société meilleure, peut-être sous le signe du bien-vivre…

1 janvier 2012 à 20:56

Quand les régions françaises s’allient…

Grâce à l’alliance des députés de tous bords bretons et alsaciens, un projet de loi permettant la réunification de la Bretagne a été voté le 21 décembre dernier.

Si le parcours de l’amendement législatif en question (dit amendement LeFur-de Rugy) est loin d’être terminé (il reste encore le vote au Sénat), il n’empêche que l’alliance des deux régions périphériques d’Alsace et de Bretagne a été décisif, tant l’opposition était grande (celle du Gouvernement, celle du rapporteur, celle de la Commission des lois).

Cet amendement modifiant la procédure référendaire pourrait, s’il est adopté, permettre à la Loire-Atlantique de quitter les Pays-de-la-Loire sans avoir à obtenir l’autorisation des autres départements de cette région. En effet, un référendum pourrait,  alors, être réalisé dans un seul département si un dixième des électeurs inscrits et un cinquième des conseillers généraux le demandent.

Joli pas pour la démocratie, au-delà des tensions partisanes, au-delà des appartenances minoritaires…

Une Déclaration des Nations Unies sur l’éducation et la formation aux droits de l’homme

Le 19 décembre dernier était adoptée par l’Assemblée Générale des Nations Unies la Déclaration sur l’éducation et la formation aux droits de l’homme.

Le principe de cette déclaration est simple et repose sur les liens étroits entre les droits de l’homme et l’éducation. Ces liens étroits sont multidirectionnels :

Tout d’abord, l’éducation est un droit de l’homme. Toute personne a le droit à recevoir une éducation, éducation qui doit le mener vers le complet développement de sa personnalité et de sa dignité. De plus, l’éducation est un moyen permettant que les droits de l’homme soient reconnus et protégés. En effet, l’éducation a pour objectif de donner à chacun les clés nécessaires pour qu’il ou elle puisse participer effectivement à la société ; et promouvant la compréhension mutuelle, la tolérance et l’amitié entre nations et personnes d’origine différente, l’éducation crée des citoyens ouverts laissant une place à l’autre dans la société qui les accueille. Ainsi via l’éducation, les hommes, les femmes et les enfants seront à même de faire respecter leurs droits et de respecter eux-mêmes les droits des autres.

Ces deux pendants à la notion d’éducation dans le contexte des droits de l’homme sont déjà inclus dans bien des traités internationaux généraux aux droits de l’homme ou des droits de l’enfant. Il semblerait que ceci n’ait pas été suffisant pour que les Etats mettent en place en réel enseignement et accompagnement des citoyens et autres justiciables vers une meilleure connaissance des droits de l’homme. Nous espérons qu’avec cette déclaration spécifique et pratique à la fois, une culture universelle des droits de l’homme verra le jour.

 

21 décembre 2011 à 10:51

L’histoire des droits de l’homme

Je partage aujourd’hui avec vous une petite vidéo expliquant ce que sont les droits de l’homme et leur histoire.

On n’en sait jamais trop sur les droits de chacun, les nôtres mais aussi ceux de notre enfant, voisin, frère, ou ennemi.

15 décembre 2011 à 21:28

Une journée pour les droits de l’homme

Alors que la journée des droits de l’homme 2011 vient de s’achever, nous ne pouvons que nous interroger sur la nécessité d’une journée spéciale pour des droits considérés comme fondamentaux et universels. Nul besoin, en effet, de célébrer ce qui fait effectivement partie de notre quotidien.

Les droits de l’homme, malgré les multiples instruments qui les proclament et protègent tant au niveau régional qu’au niveau international, sont encore loin d’être une réalité pour chacun. Et même si cela était le cas, on ne répètera jamais assez que ces droits sont fragiles et qu’on ne peut les considérer comme acquis.

La Haut-Commissaire aux droits de l’homme des Nations Unies, dans son discours du 9 décembre dernier, souligne le courage de ces hommes et de ces femmes qui luttent au quotidien pour que les droits de chacun soient respectés ! Incontestablement, ces personnes méritent toute notre attention et tout notre respect. Mais malheureusement, ils sont encore trop souvent la cible d’attaques, en raison justement de leur engagement !

Ont aussi été soulignées cette année les formidables actions collectives qui ont  mené à des réflexions sur certains régimes politiques (nous pensons, notamment, aux pays du Maghreb ) et sur la gestion capitaliste du monde (nous faisons référence ici aux « indignations » s’étant élevées dans de multiples grandes villes occidentales).

L’année 2011 aura donc été riche en actions pour un monde meilleur. Nous ne pouvons cependant pas clôturer ce billet sans souligner le danger de l’instrumentalisation des droits de l’homme. S’il est beau et généreux de lutter pour les droits de chaque individu, il est vil et égoïste d’utiliser la carte des droits de l’homme pour tirer parti des jeux géopolitiques. Nombreuses sont les populations oppressées de l’extérieur par des politiques internationales dont elles ne comprennent pas grand chose mais dont elles souffrent au quotidien. Sans parler des guerres supposées libératrices… une guerre peut-elle vraiment être juste ?

« Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits » (Première phrase de l’Article 1 de la Déclaration Universelle des droits de l’homme). Nous devrions pensez quelques instants à cela lorsque nous sommes dans la position d’imposer notre point de vue ou notre volonté à autrui !

12 décembre 2011 à 10:54

L’éducation, la clé du développement individuel et sociétal

Une toute récente ONG vient d’être créée à Genève, DevEd. Ses créateurs pensent que le développement tant des individus que des sociétés ne peut se faire qu’à travers l’éducation. Mais attention, pas n’importe quelle éducation, une éducation adaptée aux besoins de ces individus et sociétés !

Tout comme chez DevEd, nous pensons que les systèmes éducatifs des dernières décennies ont plus détruit que créé. Sans forcément remonter jusqu’à la période coloniale où on a enseigné aux enfants des colonies françaises d’Afrique que leurs ancêtres étaient les Gaulois, l’enseignement, même les dernières années, se fonde sur des manuels du Nord et fait l’apologie des sociétés dites développées et de comportements et modes de vies absolument inadaptés aux environnements et cultures des pays en voie de développement. De la même façon, enseigner les cultures et valeurs des majorités aux peuples autochtones, et tout aussi décalé et inadapté.

DevEd propose un modèle d’enseignement respectueux des valeurs et cultures. Dans la ligne directe du droit qu’a chaque peuple de choisir son destin (le droit des peuples à l’autodétermination est un droit fondamental universellement reconnu), ce nouveau modèle d’éducation se fonde sur la participation des peuples et individus. Cette participation est le seul moyen de s’assurer de la concordance des projets avec les populations cibles, cette participation est le seul moyen de mettre fin au modèle paternaliste encore en vigueur.

Nous souhaitons la fin du néo-colonialisme et le début d’une ère respectueuse de la diversité culturelle qu’abrite notre planète. Nous pensons que DevEd peut contribuer à changer les choses.

Bonne continuation, DevEd !

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Petite présentation audiovisuelle de DevEd en anglais.

Quand les organisations internationales se mettent mutuellement en garde…

Le 5 novembre dernier, la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples a publié une résolution dans laquelle elle demande à l’UNESCO de respecter les droits des peuples autochtones.

Le contexte de l’affaire est le suivant :

Le lac Bogoria, un joyau de la nature, n’héberge pas que des colonies de flamands roses et autres magnifiques oiseaux, ce lac est aussi sur le territoire ancestral du peuple Endorois (peuple autochtone). L’UNESCO voulant reconnaître la valeur  (valeur universelle exceptionnelle, selon les termes de l’UNESCO) et protéger ce trésor, inscrit la réserve naturelle du lac Bogoria sur la liste du patrimoine mondial. Or elle n’a pas, au paravent consulté et obtenu le consentement du peuple Endorois. Elle a donc violé le droit du peuple Enforois au développement, droit qui lui donne la liberté de choisir lui-même comment il souhaite vivre et choisir son mode de développement.

Intéressant de souligner ici que la Commission africaine ne se fonde pas seulement sur la Convention africaine des droits de l’homme et des peuples pour justifier sa position. Elle se fonde aussi sur la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. Elle souligne, par ce faire, qu’un organe des Nations Unies, l’UNESCO, ne respecte pas les normes édictées par cette même organisation !

Si les Nations Unies ne respectent pas les droits reconnus par les Nations Unies, comment veut-on que les Etats, entreprises multinationales et particuliers les respectent, eux ?

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Sur cette même question, l’UNESCO a aussi été rappelée à l’ordre le 10 novembre dernier par James Anaya, Rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. Celui-ci a demandé à l’UNESCO de faire attention pour qu’à l’avenir elle respecte les droits des peuples autochtones et aille même au-delà, en étant proactive.